La chasse d'eau fuit. Il faut réparer. Couper l'arrivée d'eau.
J'ai deux robinets. Après avoir vainement tenté de fermer le robinet vétuste à l'intérieur de la yourte, -la tête de robinet m'est restée dans la main, ou plutôt dans la pince- , il ne me reste qu'une solution : couper l'arrivée d'eau au compteur, en haut de la propriété. Je dis, en haut, car la propriété en question est un pan de colline, abrupt, ubac, sauvage, ingrat, mais un refuge pour les mousses, fougères, et le blaireau que je suis. Refuge LPO également, Bougrain-Dubourg étant le seul homme ayant réussi à "m'encarter". Il est fort, le gaillard!
Me voici "en haut". Le compteur d'eau est enterré, à une profondeur d'un mètre cinquante dans une fosse en vieux béton fermée par une plaque de métal rouillé. Bouger la plaque, la faire glisser à l'horizontale, car elle est assez lourde... Une famille d'orvet était réfugiée sur le bord de la fosse. Dérangée par le mouvement incongru , poussée, bousculée, la voilà tombée dans la fosse, qui se transforme en un instant...en film culte... la fosse aux serpents.... : "les aventuriers du compteur perdu". Ca gigote et se tortille, le trou est plein de serpents (véro, n'exagère pas, il y en a cinq ....) Mais qu'il est grand, le pouvoir de l'imagination !
Il n'empêche .... qu'il faut descendre là-dedans. Descendre couper l'eau. Et sauver le peuple orvet, qui ne peut survivre dans ce trou si je l'abandonne là. J'ai oublié de préciser que j'ai comblé la moitié de la fosse de polystyrène (ex-pensé) , pour pas que le compteur gèle bien sur. Me voici au fond, les orvets -surtout le gros (papa ou maman ?) - paniquent et se faufilent partout dans le polystyrène . Pas moyen de les attraper. Vider les plaques de polystyrène. Attraper un bébé. Le remettre dehors. Un autre bébé. Rejeté également dans le jardin. Et de trois. Quatre. Sauvés. Reste le gros, qui gigote, non comme un beau diable, mais plutôt comme un bel orvet. Se battre avec les flocons de polystyrène, qui étaient normalement enfermés dans des sacs plastiques, mais un rongeur a du passer par là (le pauvre) . Sacs troués, polystyrène partout, orvet paniqué. Et moi, qui ne suis ni très rapide, ni très motivée ! Cà y est je le tiens, le voilà sauvé. Couper la vanne d'arrivée d'eau. Sortir du trou. Repousser provisoirement la plaque. Descendre réparer la chasse d'eau.
Quand je remonte une heure plus tard, faire l'opération inverse, deux petits se sont à nouveau réfugiés sous la plaque, tombent à nouveau dans le tro-hu ... mais le charme n'opère plus. Il ne s'agit plus que d'ouvrir la vanne d'arrivée d'eau et attraper deux petits orvets, les remettre dans le jardin, et remettre en place tout ce p... de polystyrène de m... Ouf c'est fini.