Suite du numéro 94 !
Je trouve sur Natura Vox cet interview de Joël de Rosnay qui contient plein de bonnes analyses sur le fonctionnement du monde tellement complexe dans lequel nous vivons. Super intéressant. En tout cas sur la réflexion éco-citoyenne.
J'ai beaucoup plus de réticences sur sa foi dans la science et dans la technique. Je constate surtout que le futur monde qu'il décrit est un monde réservé à l'humain, et où cet humain, dans le meilleur des cas, -car il est relativement optimiste sur l'avenir de l'humain, - aurait réussi à préserver la viabilité de son environnement, en terme de ressources vitales. Air, eau, substances nutritives, -je n'ose pas dire plantes- et matières premières pour préserver l'arsenal bionique (il en faudra bien quelques unes, de ces matières premières).
Est-ce dû à la forme de l'interview (trop court, trop résumé, effectivement , la complexité de la chose ne se résume pas en 27 mn de réponses . OK)
Cela me laisse quand même une impression de malaise, et je ne peux me défendre de me poser cette question : où seront les animaux, dans ce monde tel qu'il le décrit ? Où sera l'inutile ? Où sera le monde vivant, quand il ne sera pas intégré aux "robots" -pour faire court- ? Quel place l'homme laissera-t-il à la biosphère ?
Non seulement nous sommes à une époque charnière, mais en ce qui concerne le monde animal , je ne suis pas sure "qu'il ne soit pas trop tard", pour reprendre les mots de Greenpeace . Eux (les animaux) intègrent déjà le domaine virtuel . Par empoisonnement de leurs ressources vitales et destruction de leurs habitats et écosystèmes. (oui ce sont bien ces mots-là qu'il faut employer : empoisonnement, et destruction).
Peut-être a-t-il raison de miser, pour l'humanité, sur cette vision , sur ce tiercé "progrès/science/avenir" . Je n'ai pas d'arguments autres que moraux, voire intuitifs, à lui opposer. Il me semble schyzophrènique de vouloir à la fois continuer à s'exclure de la biosphère et la protéger. D'où peut-on la protéger sinon de l'intérieur ?
Ma vision à moi, c'est que l'humain est un animal. Au même titre que ceux qui disparaissent aujourd'hui. Et que plus l'humain s'éloignera de son animalité, plus il y a de risque qu'il se foute en l'air, dans un élan de schizophrénie sans pareil. Aucun des systèmes imaginés par les scientifiques n'est au service du vivant sur la planète. L'homme ne les conçoit qu'à son propre avantage, qu'à l'aune de sa propre utilisation.
De plus, algues, coraux, fourmis, taupes, j'en passe et des meilleures, pour ne pas gaver - l'ensemble du système vivant, de la bactérie au baleineau, n'a pas besoin de l'aide technologique de l'homme pour survivre, mais seulement d'air et d'eau propres, de sols fertiles et d'écosystèmes respectés. En un mot, malheureusement, de l'absence d'humain !
L'homme qui-se-dit-sapiens s'est désolidarisé du monde animal, depuis longtemps. ? pas si longtemps que ça, me dit une petite voix. Le même se désolidarise aujourd'hui avec insouciance du monde des plantes. Quand on le burine de questions, il avoue avoir besoin de respirer et de boire ...
tel le mammifère ou le lichen moyen... (A suivre)