Quand mardi passe, c’est que revient lundi ; et si voilà jeudi c’est que vendredi a été. Recommence mercredi ce que dimanche refait, et rambledi idem, sermanche pareil, et mardi isitoine. Sic est et fuit transit quoque transitionis transitionibus. J’ai vu un jour trois billions de mardis 7 et cent trillions de mercredis 8 leur succédant vite fait. Et vendredi, suite à jeudi d’aspect si bref, nous ramener mine de rien toute la racaille hebdomadaire. Et c’est de cette manière même, que par-derrière, on nous farcit l’pain quotidien. Et ainsi, sans voir, sans savoir et sans l’avoir appris, de ma première soufflée à ma toute dernière utième fois respirée, il m’a fallu compter vraiment jusqu’à me rendre compte que personne d’ici n’aura trop de toute une vie pour assister à la seule succession et exécution de soi. Que faire ? Que répondre ? Je répondis, un jour à moi, que j’avais plus qu’à y aller comme une bête qui va.

Animaux, animaux, toutes les choses créées ont besoin d’avoir au moins juste une fois un nom.

Valère NOVARINA - Le discours aux animaux - P.O.L. Editeur - p 255