Un jour, quelqu'un vint voir Socrate et lui dit :
- Ecoute, Socrate, il faut que je te raconte comment ton ami s'est conduit.
- Arrête ! interrompit l'homme sage. As-tu passé ce que tu as à me dire à travers les trois tamis ?
- Trois tamis ? dit l'autre, rempli d'étonnement.
- Oui, mon bon ami : trois tamis. Examinons si ce que tu as à me dire peut passer par les trois tamis.
Le premier est celui de la vérité. As-tu contrôlé si tout ce que tu veux me raconter est vrai ?
- Non, je l'ai entendu raconter et ...
- Bien, bien. mais assurément, tu l'as fait passer à travers le deuxième tamis : c'est celui de la bonté. Ce que tu veux me raconter, si ce n'est pas tout à fait vrai, est-ce au moins quelque chose de bon ?
Hésitant, l'autre répondit :
- Non, ce n'est pas quelque chose de bon, au contraire ...
- Hum, ! dit le Sage, essayons de nous servir du troisième tamis, et voyons s'il est utile de me raconter ce que tu as envie de me dire ...
- Utile ? Pas précisément ...
- Eh bien ! dit Socrate en souriant, si ce que tu as à me dire n'est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas le savoir, et quant à toi, je te conseille de l'oublier ...

Apologue grec. Cité par Jean Vernette in Paraboles d'Orient et d'occident, éd. Droguet Ardant 1993 - Extrait de Paroles de sagesse éternelle - Collection "Carnets de sagesse" Albin Michel p. 23

Je la trouve très bien, cette règle des trois tamis ; (sauf pour la poésie bien sur, qui, elle, a tous les droits) mais il m'arrive de ne pas la respecter même sur mon propre blogue . Que pourrais-je reprocher à quiconque dans ces conditions ? :-)