Les discussions utiles
Par Véro, 14 juin 2008 à 12:49 - Boîte à huile et boîte à ficelle - #300 - rss
Après la soirée de débat avec Clémentine Autain, une discussion avec l'ami de gauche-gauche se prolonge fort tard dans la soirée.
"Prends la question des retraites, me dit-il, moi-même, je suis en porte-à -faux. J'ai 62 ans, je me sens tout-à -fait capable de travailler. Je travaille encore. Je n'ose pas le dire bien fort mais je ne suis pas entièrement opposé à l'allongement de la durée du travail...."
plus quelques arguments qu'il me donne et que je n'ose pas reproduire ici car je crains de ne pas retranscrire exactement ses propos/sa pensée.
A ce moment donné, je souris en moi-même car j'ai eu la même discussion très p
Après la soirée de débat avec Clémentine Autain, une discussion avec l'ami de gauche-gauche se prolonge fort tard dans la soirée.
"Prends la question des retraites, me dit-il, moi-même, je suis en porte-à -faux. J'ai 62 ans, je me sens tout-à -fait capable de travailler. Je travaille encore. Je n'ose pas le dire bien fort mais je ne suis pas entièrement opposé à l'allongement de la durée du travail...."
plus quelques arguments qu'il me donne et que je n'ose pas reproduire ici car je crains de ne pas retranscrire exactement ses propos/sa pensée.
A ce moment donné, je souris en moi-même car j'ai eu la même discussion très peu de temps auparavant avec un syndicaliste de mes amis impliqué dans le processus de réforme des retraites, et il avait évoqué ce point de la même façon. J'avoue que je me fais quelquefois l'avocat du diable, et dans la discussion précédente, j'avais provoqué délibérément :
"non, je ne veux pas travailler plus, travailler plus longtemps. Il n'y a pas que le travail comme moyen d'accomplissement de soi nous devons répartir autrement le travail etc etc"
Il est bien entendu que cette discussion était oiseuse et bancale. L'un parlait du travail "noble", constructeur de l'individu dans son groupe humain, et moi des travaux d'exécution basiques, voire pénibles, nécessaires à tout corps social et dévolus à ... à qui au fait ?! (C'est ce que j'appelle les amalgames.)
Mais, dis-je à l'ami de gauche-gauche, ce que tu me dis là n'est pas si éloigné de la position officielle des syndicats dans leur négociations actuelles ?
J'ai beaucoup aimé sa réponse, après un moment de réflexion : "C'est vrai, me dit-il, mais la différence énorme est dans l'ordre de faire les choses. La réforme des retraites telle qu'elle est conçue actuellement, et sa mise en place, AVANT de donner à tous un emploi, avant de trouver à chacun une place, et la possibilité de participer au processus nous mène droit à une catastrophe sociale. Donner de l'emploi à tous doit se faire avant toute chose, en préalable. Or, donner de l'emploi à tous ne peut pas se faire dans un contexte de rentabilité. Certains humains ne sont pas rentables, et la réflexion à gauche sur ce sujet est insuffisante, voire
inexistante. C'est une politique de pansement (là je brode un peu).
De plus, certaines activités humaines ne sont pas rentables mais elles restent indispensables, continue-t-il ...
(Vous vous imaginez bien qu'à ce moment là , je suis 100% d'accord avec lui. J'ajoute même en moi-même qu'il est indispensable qu'elle restent non-rentables. Je pense notamment à la culture des salades, aux cours de maths, à la fabrication de la dentelle et au point compté !)
Ce n'est qu'après, une fois cette condition remplie, une fois que tout le monde aura la possibilité d'avoir ses annuités, que nous pourrons discuter de l'allongement de la durée de travail, à nuancer selon le possible et le pénible (là c'est le blaireau qui écrit et interprète un peu la pensée de l'ami, mais je ne déforme pas trop) (...)
Euh... A l'échelle de l'Europe, ça donne quoi ?
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